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Les mythes et réalités à propos du suicide

Le suicide est un sujet sensible et souvent mal compris. Il existe des mythes courants autour du suicide, tels que le fait de croire que parler du suicide peut encourager les comportements suicidaires. En réalité, il est important de briser ces idées fausses et d’être conscient des ressources disponibles pour aider les personnes en crise.

 

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Comment réagir avec une personne suicidaire?

Découvrez ici les mythes courants entourant le suicide et leurs réalités respectives

Les personnes en crise suicidaire sont formellement décidées à mourir

FAUX.

La personne suicidaire veut cesser de souffrir et non arrêter de vivre. En fait, la personne suicidaire est ambivalente quant à son désir de vivre et son impossibilité à continuer de souffrir. 

Plusieurs indices indiquent la présence d’une crise suicidaire.

VRAI .

La plupart des personnes donnent des signes de leurs intentions suicidaires. Malheureusement, ces messages ne sont pas toujours captés même s’ils sont souvent l’indice d’un état de crise, une façon de demander de l’aide, un cri d’alarme. Ces signes peuvent être verbaux ou non verbaux.

Il faut être courageux ou lâche pour se suicider.

FAUX .

Quand on pense au courage et à la lâcheté, on pense en termes de choix et l’on projette notre propre conception du suicide sur l’autre. Or, une personne ne se suicide pas par choix, mais par manque de choix : lorsque sa vie lui est insupportable, qu’elle a atteint sa limite de tolérance face à sa souffrance et qu’elle ne voit plus d’autres façons d’arrêter de souffrir. La personne suicidaire n’y voit là ni courage, ni lâcheté ; ce sont les autres qui posent ce jugement.

Notons que lorsque les personnes endeuillées par suicide accordent une valeur positive à l’acte suicidaire, c’est souvent dans le but de « réparer » l’image de la personne suicidée. Aussi, l’idée que « s’en sortir tout seul, c’est faire preuve de courage » peut également amener certaines personnes (souvent des hommes) à associer le courage au suicide.

Parler du suicide encourage le passage à l’acte.

FAUX .

Le suicide est un sujet dérangeant dont on parle difficilement. Pourtant, c’est en parlant du suicide que l’on peut démystifier ce sujet et parvenir à aider une personne suicidaire. Demander directement si une personne songe au suicide, ce n’est pas lui suggérer l’idée, mais lui ouvrir la porte à l’expression de sa souffrance. Parler du suicide, oui, mais pas n’importe comment ! On doit éviter de banaliser le sujet, de mettre au défi une personne de se suicider ou de louanger quelqu’un qui s’est suicidé en qualifiant son geste d’héroïque. Il faut aussi faire attention à la médiatisation entourant le suicide, qui peut créer un effet d’entraînement.

Lorsqu’il y a un suicide dans une famille, les membres de la famille deviennent plus à risque.

VRAI .

Sans entrer dans le débat des causes biopsychosociales du suicide, il est important de souligner que la crédibilité octroyée aux comportements des proches peut induire l’imitation du geste. Ainsi, un suicide ou une tentative de suicide au sein d’une famille peut être perçu par les autres membres comme une façon possible de résoudre ses problèmes.

Le suicide se produit sans avertissement.

FAUX .

Le geste suicidaire n’est pas spontané. Il est l’aboutissement d’un processus qui comprend le développement des idées suicidaires ainsi que la fixation sur ces idées jusqu’à l’élaboration d’un plan précis. Durant ce processus, la personne suicidaire émet différents messages et signaux. En fait, la majorité des personnes manifestent leur désespoir avant de passer à l’acte. On doit noter cependant que chez les adolescents et les personnes de nature impulsive, ce processus peut parfois être réduit dans sa durée.

Parfois, les personnes qui menacent de se suicider veulent attirer l’attention ou manipuler.

FAUX.

Il faut toujours prendre les menaces de suicide au sérieux ; elles sont toujours des appels à l’aide et l’expression d’une souffrance réelle. On doit aussi faire attention aux menaces à répétition et à celles qui s’étendent sur une longue période de temps. La répétition du message peut avoir l’effet de l’homme qui criait au loup, c’est-à-dire de désensibiliser l’entourage face à l’importance de la situation. Quant à l’impression d’être manipulé, ce sentiment peut refléter l’état intérieur de la personne qui reçoit le message et non l’intention consciente de la personne en détresse.

On doit demeurer vigilant face à tout comportement suicidaire car si la personne ne perçoit pas de changement à sa situation, son désespoir risque de s’accroître et elle peut adopter des conduites de plus en plus dangereuses.

L’amélioration suite à une crise signifie que le danger est passé.

FAUX.

Il se peut qu’une personne en crise suicidaire semble momentanément soulagée et paraisse de bonne humeur, mais cela ne signifie pas que le danger est passé. Au contraire, une amélioration soudaine dans un processus suicidaire peut indiquer une urgence élevée. Soit que la personne ait décidé de montrer des signes de mieux-être pour rassurer son entourage ou que, sentant sa souffrance tirer à sa fin, elle ressente un réel soulagement. Il faut être très vigilant, car certains suicides se produisent dans les quelques jours, semaines ou mois suivant une amélioration subite. Il faut tenter de vérifier quels sont les dénouements favorables à l’origine de ce changement de comportement.

Les personnes suicidaires vivent toujours avec une problématique de santé mentale.

FAUX.

Il est important de reconnaître que personne n’est à l’abri du suicide même si des études récentes démontrent que les personnes qui se sont suicidées souffraient plus souvent que la population en général d’une problématique de santé mentale (dépression, trouble d’abus et de dépendances aux substances, trouble de personnalité, etc.). C’est l’interraction complexe de plusieurs facteurs qui peut mener une personne à poser un geste suicidaire

Toute personne suicidaire paraît déprimée.

FAUX .

Chaque personne peut vivre sa détresse différemment et ne pas sembler vivre une période plus difficile.

Les manifestations de la détresse peuvent être différentes d’une personne à l’autre. L’irritabilité, l’impatience et l’agressivité peuvent cacher une détresse profonde.

On peut aider une personne suicidaire sans être un professionnel dans le domaine du suicide.

VRAI .

Au quotidien, dans ses relations avec son entourage, chaque personne peut aider un proche confronté à la souffrance, avec les moyens dont elle dispose et en respectant ses limites. Savoir reconnaître les signes avant-coureurs, ouvrir le dialogue et trouver des solutions satisfaisantes pour la personne, sont des façons de soutenir un proche. Avec de l’ouverture, de la compréhension et de l’entraide, il est possible d’éviter que soit posé un geste irrémédiable. Cependant, dans l’aide à une personne suicidaire, professionnel ou proche, la même règle s’applique : on ne doit jamais rester seul avec le problème ; il faut absolument se faire aider.

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